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Verger cidricole

13.07.2010

Situation du verger à mi-juillet

Les conditions climatiques assez froides cet hiver et ceci jusqu’à la mi-mars 2010, ont retardé la phénologie de l’ensemble des variétés cidricoles. Quelques exemples de stade C-C3 (début du débourrement) :

  • Judeline le 2 avril à Sées (contre le 20 mars en 2009 !)
  • Kermerrien le 19 avril à Sées (contre le 9 avril en 2009 !)
  • Avrolles le 22 avril à Sées (contre le 14 avril en 2009 !)

L’augmentation des températures en avril (surtout fin avril) a réduit le retard observé au débourrement sans le combler totalement. Cela a aussi contribué à regrouper la phénologie des variétés (précoces à tardives).

La floraison des variétés cidricoles a débuté les derniers jours d’avril mais surtout sur les 10-15 premiers jours de mai alors que les températures étaient à nouveau assez basses et défavorables à l’activité des insectes pollinisateurs.

De plus, les conditions de mars et avril ont été déficitaires en pluviométrie !
Par ailleurs, il faut rappeler que les conditions de « stress hydrique » d’août et septembre 2009, ont probablement pénalisé la mise en réserve automnale des arbres…

Toutes ces conditions sont sans doute à l’origine des nombreuses coulures (absence de nouaison) observées alors que les retours (la floraison) semblaient satisfaisants.
Précisions : le stress hydrique d’août/septembre a sans doute favoriser l’induction florale de boutons de mauvaise qualité !

Ce phénomène a été amplifié dans certains secteurs par des gelées localisées (minima de – 4 à – 5°C) notamment le 14 mai (jeudi de l’Ascension). Des dégâts sur fleurs ouvertes et jeunes fruits ont été observés.

Le verger cidricole est donc aujourd’hui plutôt en situation de sous-charge. De ce fait, le calibre est tout à fait acceptable si les conditions estivales plutôt sèches pour le moment, ne viennent pas pénaliser le grossissement des fruits au cours de l’été.

L’état sanitaire du verger à ce jour est plutôt satisfaisant.

Côté maladies, la protection contre la tavelure a été grandement facilitée par la météorologie du printemps (pas ou peu de tavelure en vergers entretenus). L’oïdium était plus à craindre mais seulement en contexte de croissance végétative. Les conditions favorables au feu bactérien étaient après la floraison (stade le plus sensible) ; seules quelques variétés sensibles sur pousses en contexte de croissance (jeunes vergers) ont pu être touchées.

Côté ravageurs, des dégâts importants d’anthonomes ont été observés amplifiant l’absence de nouaison.. La forte présence de retour de puceron cendré à l’automne dernier et d’œufs d’hiver sur les arbres laissait craindre de fortes attaques ce printemps ; celles-ci ont été assez bien maîtrisées par les traitements pré-floraux (déclenchés suite aux informations d’automne) et une faune auxiliaire très présente en post-floraison. Le puceron lanigère semble en augmentation mais les conditions actuelles favorables à son parasitoïde (Aphelinus mali ) sont encourageantes.

Compte-tenu des conditions actuelles, ce sont le carpocapse et les acariens (rouges et phytoptes) qui sont les plus à craindre…

A noter, des dégâts de plus en plus souvent signalés d’hoplocampes et cochenilles.

L’état du feuillage est donc assez sain, pas de symptômes apparents de carences pour le moment ; des carences induites par le manque d’eau (carences en K, MgO) notamment en jeune verger sont possibles. Les analyses foliaires sont en cours; elles permettront de préciser le niveau minéral des arbres.

 
 
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