Etude de différents modes de conduite de l’arbre

Contexte

La formation de l’arbre, puis son entretien, représente en temps de travail environ 30-50 heures/ha. Conduit en « forme libre », la maîtrise du volume des arbres devient parfois difficile : des problèmes d’éclairement et de passage entre les rangs peuvent s’installer.

Pour remédier à cela, deux tendances d’évolution dans la conduite du verger se dégagent actuellement :

  • Très impliqué dans l’étude du fonctionnement et de l’architecture de l’arbre, le groupe MAFCOT (MAîtrise de la Fructification COncept et Technique) - groupe animé par l’INRA - a mis en évidence les conditions à remplir afin d’atténuer le potentiel alternance des variétés et de réduire les délais de mise à fruit. Les techniques mises en œuvre s’appuient entre autre sur la conjugaison de l’arcure des structures et sur la pratique de l’extinction (destruction de coursonnes).
  • Afin de répondre à une préoccupation économique majeure des arboriculteurs (réduction des temps de taille), le CTIFL (Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes) a étudié un mode de conduite basé sur un rognage mécanique des arbres pour maîtriser leur gabarit : le Mur fruitier.

Ces 2 méthodes issues de pomme de table nécessitent en vergers cidricoles des adaptations compte-tenu notamment de la vigueur du pommier à cidre sur porte-greffe M106 (volume des arbres).

Conduite de l’arbre et maîtrise de la charge (réduction de l’alternance) sont deux notions complémentaires et indissociables : des outils permettant une mécanisation de l’éclaircissage et de l’extinction  sont testés dans le cadre de l’étude.

Des analyses techniques (études 1 à 4) mais aussi économiques (étude 5) des 2 méthodes sont réalisées.

Organisme pilote

IFPC : Nathalie DUPONT – nathalie.dupont@ifpc.eu

 

Etude 1 : Extinction et régularité de production

Les essais et observations mis en place sur la Station de Sées et en vergers de production dès 1996 ont permis de préciser les conditions techniques à respecter pour que l’extinction s’accompagne d’une amélioration significative du retour de production : Taux d’extinction à pratiquer en fonction de la variété, de l’âge et de la vigueur des arbres.

Cette approche est envisageable en vergers cidricoles sous réserve de la mécaniser au moins partiellement.

But

Affiner la technique d’extinction à partir de vergers jeunes avec comme objectif de réguler la production sans ou en limitant l’éclaircissage chimique.

Lieu et réalisation

IFPC – Station Cidricole de Sées (61)

Durée du programme

8 ans (2003-2010)

Principaux résultats obtenus à ce jour

Confirmation de la difficulté d’obtenir une régularité de production uniquement par le seul éclaircissage chimique en particulier sur certaines variétés (Binet Rouge).

Incidence négative de la pratique de l’extinction sans arcure (renforcement excessive de la vigueur).

Intérêt de l'arcure en terme de productivité cumulée.

Tendance à pouvoir régulariser globalement la production par mise en œuvre de l’arcure et de l'extinction , mais résultats restant hétérogènes à l’arbre.

Etude 2 : Arcure et taille : gestion de la lumière et du volume des arbres

Contexte

L’arcure des branches les plus fortes permet, lors de la formation de l’arbre, une maîtrise de sa vigueur (équilibre croissance végétative/mise à fruits) et une meilleure gestion du passage entre les rangs à terme.

Si l’arcure est souvent pratiquée en verger, elle n’est actuellement jamais accompagnée, pour des problèmes économiques, d’une extinction de coursonnes (méthode MAFCOT) qui permettrait une meilleure diffusion de la lumière dans l’arbre (la mécanisation de l’extinction reste pour le moment expérimentale).

Ainsi, dans certains vergers arqués, en absence d’extinction, des problèmes de lumière sont parfois observés. Par une taille adaptée, peut-on permettre une meilleure gestion de la lumière ? Quelle taille pratiquer afin de maintenir un bon éclairement de l’arbre sans exacerber la vigueur au détriment de la montée en production ?

But

Tester différentes stratégies de taille.

Mesurer l’intérêt de l’arcure (telle qu’elle est pratiquée par les producteurs : traits de scie) dans la maîtrise de la vigueur, selon les différentes méthodes de taille.

Mesurer leur influence sur la gestion de la vigueur et la montée en production.

Lieu et réalisation

IFPC et Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie-Service Vergers et Produits Cidricoles
M. Perdriel (27)

Durée du programme

8 ans (2006-2013)

Principaux résultats obtenus à ce jour

Montée en production à priori pénalisée par les 2 systèmes de taille extrêmes (minimaliste et « sévère »).

Réactions de vigueur pénalisante dans le système taille sévère : apparition de rameaux longs (« gourmands ») pénalisants pour le bon éclairement des branches fruitières.


Etude 3 : Taille mécanique en verger adulte

But

Etudier l’impact de la taille mécanique (Mur fruitier à 40 cm du tronc ou méthode adoptée par les cidriculteurs à 90 cm du tronc) sur le rendement et la composition des fruits.

Lieu et réalisation

IFPC – Station Cidricole de Sées (61)

Durée du programme

Durée initiale : 6 ans (2002-2007)

Programme poursuivi.

Principaux résultats obtenus à ce jour

Six années après la restructuration en Mur Fruitier d’arbres adultes alors âgés de 10 ans, voici les grandes tendances observées sur les parcelles de l’essai :

  • Par définition, les arbres d’une parcelle en restructuration n’ont pas été implantés à l’origine dans le but d’une conduite en Mur fruitier, d’où des problèmes d’adaptation : distances de plantation, forme des arbres, disposition des branches…
  • Plus l’association variété/porte-greffe est vigoureuse, plus la perte de production entre la conduite libre et le rognage mécanique à 40 cm du tronc est conséquente :  - Peu de différence sur Pajam 2 pour les variétés Jeanne Renard, Chevalier Jaune, Marie Ménard, Judeline et Chanteline,
    -  Par contre, sur Pajam 2, l’écart est plus important sur les variétés Fréquin Rouge, Kermerrien,  Douce Moën et Petit Jaune,
    - Sur les 2 variétés sur MM106, l’écart observé varie de 16 % (Douce Moën)  à 23 % (Kermerrien) soit une perte de production de 25 à 36 tonnes/ha sur 6 ans.
  • Le rognage pratiqué par les cidriculteurs (80-90 cm du tronc) provoque une perte de production inférieure. Mais l’essai n’a été réalisé que sur Pajam2. Sur M106, il en est probablement autrement
  • Le rognage d’hiver a un effet stimulant :
    - Revigorisation des variétés vigoureuses (croissance exacerbée, sorties de gourmands notamment dans le haut des arbres) et surtout si celles-ci n’ont pas atteint l’équilibre au moment de la restructuration
    - Richesse en azote supérieure dans les feuilles des arbres conduits en « Mur fruitier »
    - Les jus ont une teneur en azote plus élevée surtout l’année qui suit le rognage
  • Cet effet stimulant observé dans les feuilles, les fruits et le moût s’estompe quelque peu avec le temps
  • Le rognage a une certaine incidence sur la richesse des fruits : un léger effet dépressif notamment sur les sucres, l’acidité et la teneur en polyphénols


Etude 4 : Comparaison de deux modes de conduite – Analyse technique

But

Comparer les deux méthodes de conduite approche « MAFCOT » et « Mur fruitier » à partir de la plantation.

Evaluer l’impact des 2 techniques sur la qualité des fruits et l’environnement.

Lieu et réalisation

IFPC – Station Cidricole de Sées (61)

Durée du programme

8 ans (2003-2010)

Principaux résultats obtenus à ce jour

Réaction trop vigorisante des interventions faites en phase de jeunesse de l’arbre dans la technique Mur Fruitier : formation de base des arbres et ouvertures des branches (naturelles ou arcures) indispensables avant les interventions de rognage qui ont été de fait retardées.

Modification du port et du développement des arbres induite par l'extinction précoce.


Etude 5 : Comparaison de deux modes de conduite – Analyse économique

But

Comparer les deux méthodes (« MAFCOT » et « Mur fruitier ») en contexte de verger cidricole à partir de la plantation.

Lieu et réalisation

IFPC et Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie-Service Vergers et Produits Cidricoles
Verger du Gaec Lemonnier (50)

Durée du programme

8 ans (2003-2010)

Principaux résultats obtenus à ce jour

Ecart de productivité à l'unité de surface entre les 2 modes de conduite, légèrement en faveur du Mur fruitier et lié uniquement au facteur densité d'arbres/ha supérieur. Les résultats à l’arbre sont par contre plus favorables à la technique MAFCOT.

Temps de travaux jusqu’alors assez proches entre les 2 modalités, mais pas sur les mêmes postes. Des nuances vont  probablement commencer à apparaître avec le vieillissement des arbres.

Bilan des intrants nécessaires à la gestion de la régularité de production quasi-identique entre modalités.

Problème sanitaire (dépérissements d'arbres) sur les séries porte-greffe Pajam 2.

 
 
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