Incidence des pratiques sur le statut sanitaire des jus

Contexte

Pour des raisons techniques et économiques, en production cidricole la protection phytosanitaire est pratiquée selon des approches « minimalistes ». C’est pourquoi, le risque de dépassement de LMR  (Limite Maximale de Résidus) dans les fruits, les jus ou les cidres est extrêmement faible. Des évolutions dans les pratiques et types de matières actives sont toutefois constatées depuis tout récemment, sous l'effet d'exigence accrue en terme d'état sanitaire des fruits livrés et de restrictions d'usages de molécules.

Des traitements contre les maladies de conservation sont ainsi réalisés dans des délais plus proches de la récolte que par le passé avec des produits nouveaux ou inhabituels à cette époque (ex: spécialités à base de cuivre autorisées en agriculture biologique et conventionnelle).

Une étude ciblée (identification des produits utilisés en vergers cidricoles, analyse de cidres issus de fruits bien identifiés, recherche des pesticides appliqués en été…) permettra de vérifier si ces évolutions ne contrarient pas l'objectif final de recherche de niveaux de résidus les plus bas ou n'ont pas d'incidence sur les processus d'élaboration (levures).

Organisme pilote

IFPC : Nathalie DUPONT – nathalie.dupont@ifpc.eu

Partenaires

Association pour la Promotion des Produits Cidricoles du Maine, Chambre d’Agriculture des Côtes d’Armor, Aval Conseil pour l’Association Cidricole de Bretagne, Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie-Service Vergers et Produits Cidricoles, services techniques des entreprises de transformation.

Durée du programme

Début du programme : 2006

Durée : 5 ans

Objectifs

  • Constituer puis mettre à disposition des professionnels, une base de données confirmant l’innocuité des produits élaborés (jus, cidre, pommeau….)
  • Orienter les producteurs vers les stratégies les plus neutres vis à vis du produit.

Principaux résultats obtenus à ce jour

La liste des molécules analysées est établie chaque année à partir d’une double enquête :

  • En filière pomme de table, les produits susceptibles d’être détectés
  • Auprès des conseillers cidricoles, mettre l’accent sur les produits utilisés pour la lutte contre les maladies de conservation

Entre 2006 et 2008, 2849 dosages ont été réalisés essentiellement sur pomme et jus, et depuis 2008 sur moût et cidre (88 dosages).

29 molécules ont été analysées mais certaines ont fait ou vont faire l’objet d’un retrait : carbaryl (Sevin), phosalone (Zolone), tolylfluanide et cyhexatin.

Le cuivre et le soufre sont dosés depuis peu, afin d’évaluer l’incidence des traitements réalisés avec ces éléments notamment utilisés en Agriculture Biologique.

De même, les analyses de certains herbicides sont réalisées sur fruits prélevés au sol, la récolte des pommes à cidre s’effectuant au sol : aucun résidu d’herbicide n’a été détecté.

Seul un produit pose question quant à son emploi avant récolte : il s’agit de Topsin, dont le dosage (en carbendazime) atteint voire dépasse légèrement la LMR dans 2 échantillons sur 71. Son usage à l’approche de la récolte est à reconsidérer.

Les analyses réalisées sur « pommes > jus > moût > cidre » montrent un effet dilution/dégradation des molécules au cours du process : 6.1 % de détection dans les pommes, 4.1 % dans les jus puis 0 % dans les moûts et les cidres (hors cuivre et soufre).


 
 
site internet saint malo